Mon rêve serait de voir les règles qui régissent le monde de la musique classique devenir plus authentiques. Je ne suis pas la seule à constater qu'une carrière peut presque devenir possible actuellement avec des photos attractives et un conseiller en marketing, à l'image de certaines personnalités des variétés qui vont et viennent sur la planète média. La musique classique était encore, il y a peu, un des derniers bastion qui privilégiait justement une vision de la maturité, de la profondeur, sur celle - plus ephémère - de la beauté plastique ou du "show".
Comme partout, le "vite consommable" devient la règle. On parle de plus en plus d'un artiste comme d'un "produit marketing". Les réflexions de quelques agents et de maisons de disques sont parfois les suivantes: " Y a-t-il de l'argent à se faire?". Et plus vite celui-ci est acquis, plus l'artiste devient "intéressant". Heureusement, il y a encore des exceptions.
Je rêve de professionnels qui chercheraient à défendre un artiste "vrai", porteur de valeurs authentiques, et se mettant au service de l'art, du respect de la partition et de ses émotions à transmettre, plutôt que celui qui cherche à flatter son narcissisme avec des effets faciles et produit un travail parfois bâclé, en dépit de moult mouvements qui illusionnent. Le cheminement d'un homme et d'un artiste pourraient être semblables: ils se bonifient avec le temps. Et si l'interprétation d'une oeuvre devenait belle lorsque c'est la dernière fois qu'on la joue et non la première?
Je suis convaincue que la musique classique peut toucher un très large public sans pour autant devoir sacrifier sur l'autel du succès la qualité, l'intelligence, le respect d'une partition. Lorsque la passion reste intact, le public ressent la différence!





