01 JAN 2007: Interview de Daniel Fattore pour le choeur des XVI
Rachel Kolly d’Alba se présente:
- Qui êtes-vous? Famille,
loisirs, travail...
Née à Lausanne dans une famille d’origine
gruyérienne, j’ai voulu devenir violoniste de
« métier » à 12 ans après avoir gagné mon premier
concours. Je n’ai plus jamais changé d’avis. Mes
parents ne sont pas dans le milieu musical, cependant, ils aiment
la musique classique et j’ai grandi dans un lieu ou il y
avait en permanence symphonies ou concerti passant à la radio ou en
disques. J’ai assisté dès mon plus jeune âge aux concerts que
donnaient l’OCL à la maison de la radio à Lausanne; ma mère,
par exemple, a fait des études de musicologie, mes soeurs jouaient
du piano. Mon père, journaliste, avait en permanence sa radio
allumée... voilà pour mes racines.
Au sujet de mon travail, c’est vrai
qu’il m’occupe chaque jour de ma vie, mais depuis que
j’ai arrêté mes études obligatoires en latine pour me
consacrer complètement et sans compromis à mon instrument, je
n’ai jamais regretté ce choix car j’ai vécu - et
vis- des moments de pur bonheur avec mon violon. « Quant
on aime, on ne compte pas ». Il n’y a rien de plus vrai
en ce qui concerne les heures passées à
travailler.
Mon métier m’a permis de faire des voyages
magnifiques remplis de rencontres très belles (récemment
l’Argentine ou l’Arménie) et m’a permis de
rencontrer des personnages, des chefs d’orchestre et des gens
avec des personnalités très diverses, des musiciens avec qui
j’ai partagé des moments très intenses dont je suis
reconnaissante.
Quant à mes loisirs, ils sont très sages: lectures
(le plus possible), amis, tango, cuisine, et depuis maintenant 2
mois, à côté de ma carrière qui ne s’est pas ralentie (bien
au contraire): ma fille! Ayant peu de temps pour moi, je vais à
l’essentiel.
- Quel est votre rapport à la
musique contemporaine?
J’ai commencé a m’y intéresser en
ayant une réflexion simple: « ah! si seulement je pouvais
demander à Beethoven ce qu’il voulait vraiment dans ce
passage » et me suis dit, avec joie, que je le pouvais chez
des compositeurs vivants ou en côtoyant leurs interprètes, que je
devais en profiter. En plus de pouvoir questionner ces compositeurs
et d’être témoin de ce qu’ils souhaitent ou encore de
partager leurs réflexions, dans la musique contemporaine demeure
une certaine part d’imprévisibilité qui me plaît beaucoup.
Parfois, dans certaines oeuvres, se côtoient des émotions très
contradictoires qui ont toutes droit au chapitre: peur, lyrisme,
agressivité, angoisse, nostalgie... les limites de
l’interprètes sont repoussées, la musique contemporaine, pour
convaincre un auditoire, demande un engagement complet du musicien.
J’aime ce défi. Surprendre, provoquer des réactions,
questionner. Je joue énormément de compositeurs suisses et ai un
faible pour la musique d’avant-garde des pays de l’Est
ainsi que pour le théâtre musical. De plus, je compose un peu.
Surtout des pièces que j’aimerais
entendre!
je
joue volontiers des compositeurs femmes, des oeuvres peu connues et
inclus presque à chaque récital une pièce contemporaine qui me
plait particulièrement et que je souhaite partager avec le public.
Etre convaincue soi-même demeure une des meilleures façons de
convaincre, non?
- Quelles sont vos attaches avec
le chant choral?
Ma mère a chanté dans le choeur des XVI. Dans un
autre domaine, j’ai toujours chanté à toutes les occasions,
en famille. Toutes les fêtes étaient une opportunité pour chanter!
C’est un moyen d’expression qui m’est
familier.
Il est vrai cependant que les violonistes de
formation classique ne croisent pas souvent la route de choeurs et
que le répertoire mêlant violon solo et chant choral est maigre. En
tant qu’interprète, ce sera la première fois que je jouerai
une oeuvre écrite pour cette formation particulière.
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