(Traduction française en bas)
17. JUN. 2008, "Der Bund", P. Fischer
"GEIGENKUNST"
Bilderblitze und Donnertöne
Unter dem Motto «Blitzschlag» brachte das Ensemble Paul Klee die Multimedia-Komposition «Liber fulguralis» von Tristan Murail und Hervé Bailly-Basin im Zentrum Paul Klee zur Uraufführung.
Zunächst wähnt man sich im etwas überlangen Vorspann eines Studiofilms. Weisse Bildkörner tanzen über die Grossleinwand im Auditorium des Zentrums Paul Klee und verfestigen sich zu grösseren Fantasiegebilden. Sinustöne sirren durch den Saal, dann – Blitz und Krachen – wird dem Motto des Konzerts «Blitzschlag» Genüge getan. Auf diesen Impuls hin beginnt das exzellente Instrumentalensemble unter der umsichtigen Leitung von Pascal Rophé, filigrane Klangteppiche zu entrollen, die sich mit den synthetischen Klängen und den starken, bisweilen zu visuellem Overkill neigenden Fantasiegebilden mischen und überlagern.
Der französische Klangtüftler und Messiaen-Schüler Tristan Murail will mit der vom Ensemble Paul Klee bestellten Auftragskomposition «Liber fuguralis. L’ art d’interpréter les foudres» nach eigenem Bekunden dem Phänomen Musik im Allgemeinen und dem Ton im Besonderen einen Schritt näher kommen. Mittels Live-Sampling werden Klänge eingehend analysiert, zerschnitten und zu einem höchst suggestiven neuen Ganzen gefügt.
Töne durch Bilder erklären?
So weit, so interessant und spannend: Die komfortable Surrounding-Akustikanlage im Auditorium verbreitet schon fast Kinostimmung. Da liegt der Wunsch nach bildlicher Entsprechung zu den Klängen nicht fern. Hervé Bailly-Basins Film versucht, die Ton-Geräusch-Gebilde mit teilweise schon fast plakativ eindeutigen, meist aber assoziativen oder gar verrätselten Figuren und Reizen zu visualisieren. Dass beide Kompositionen schon während des Schaffensprozesses genau abgestimmt wurden, lässt sich unschwer wahrnehmen. Partitur und Szenario stehen in einem intensiven Wechselverhältnis. Und doch reizt diese Anordnung angesichts des vom Komponisten öffentlich deklarierten Ansinnens, die Musik zu untersuchen, zu Widerspruch. Sind dazu illustrierende Bilder nötig, die bei aller Nähe zur Musik doch subjektive Übersetzungen sind? Dies wäre ein erschreckender, kulturpessimistischer Befund. Musik als Public Viewing mit intellektuellem Anspruch.
Walzersuche mit Alban Berg
Derlei Versinnbildlichung hat das Kammerkonzert von Alban Berg für Violine, Klavier und dreizehn Bläser nicht nötig, weil es die Bilder in ungleich stärkerem Masse in sich trägt. «A la recherche de la valse perdue» könnte man diese Komposition auch nennen. Diese Lesart legt zumindest Rachel Kolly d’Alba mit ihrer an der romantischen Geigenkunst geschulten Interpretation nahe. Mit expressiven Glissandi und vollem Vibrato zeigt sie, inwiefern Berg bei allem Bekenntnis zur Zwölftontechnik im Gestus ein Romantiker geblieben ist. Die Pianistin Eva Aroutunian steht dem in nichts nach und gestaltet ihren Part mit technischer Überlegenheit und brillanter Spielfreude. Die hervorragend disponierten Bläser steuern einerseits luzide Klänge bei und überzeugen mit vielen kleinen Soli, andererseits liefern sie eine geschlossene Ensembleleistung, die von der Herkunft des Werks zeugt.

"l'Art du violon"
Images en éclairs et tonnerre de sonorités
C’est sous la devise «Coup de foudre» que l’ensemble Paul Klee a exécuté au centre du même nom la première mondiale de la composition multimédia «Liber fulguralis» de Tristan Murail et d’Hervé Bailly-Basin.
L’on s’imagine tout d’abord devant l’introduction quelque peu longuette d’un film de studio. Des accents d’image blancs dansent sur le grand écran de l’auditorium du centre Paul Klee et se consolident pour former des images fantastiques plus amples. Des sons sinusoïdaux bourdonnent à travers la salle avant de donner à la devise du concert « coup de foudre » sa pleine et entière valeur – éclairs et tintamarre. Lancé par cette impulsion, l’excellent ensemble instrumental, dirigé attentivement par Pascal Rophé, commence à dérouler des tapis sonores filigranes, qui se mélangent et pour finir se superposent aux sonorités synthétiques et aux figurations fantastiques, parfois proches d’un Overkill visuel.
Selon ses propres termes, le Français Tristan Murail, élève de Messiaen et minutieux artisan des sonorités, chercher à aborder le phénomène dénommé musique en général et celui de la tonalité en particulier par le biais de cette composition «Liber fuguralis. L’art d’interpréter les foudres», exécutée sur commande pour l’ensemble Paul Klee. A l’aide de Live-Sampling, il analyse en profondeur, morcelle et regroupe avec soin des sons pour les reconstituer en une nouvelle globalité extrêmement suggestive.
Des images pour expliquer les tonalités?
Tout cela éveille l’intérêt, voire la curiosité. La confortable installation acoustique en Surround de l’auditorium diffuse pour ainsi dire une atmosphère de salle de cinéma et appelle presque à une correspondance des sons en images. Le film créé par Hervé Bailly-Basins Film tente de fournir une visualisation à l’aide de figures et de stimuli, dont la clarté est en partie déclarée, mais qui néanmoins pour la plupart formulent des associations, voire constituent des énigmes. Les deux compositions, il est facile de le saisir, ont été justement créées en vue d’une juxtaposition précise. La partition et le scénario entretiennent un rapport d’échange intense. Et c’est pourtant cette même disposition qui incite à la contradiction, du fait de la volonté déclarée publiquement par le compositeur d’aborder l’étude du phénomène musical. Des illustrations en images sont-elles nécessaires, alors que, pour proches qu’elles soient de la musique, elles demeurent toutefois une transposition subjective? Considérer la musique comme un moment de « Public Viewing » ayant des prétentions à l’intellectualisme serait un constat effrayant de pessimisme pour la culture.
A la recherché de la valse avec Alban Berg
Le concerto de musique de chambre d’Alban Berg pour violon, piano et treize instruments à vents n’a pas besoin de telles manifestations sensorielles, comme il porte en lui-même les images dans une mesure incomparablement plus forte. Cette composition pourrait également être appelée : «A la recherche de la valse perdue». C’est à une lecture semblable que Rachel Kolly d’Alba porte à penser avec son exécution formée à l’art du violon romantique. Son « glissando » expressif et la sonorité pleine de son « vibrato » lui permettent d’illustrer la mesure dans laquelle, Berg est demeuré un romantique, même s’il se réclame de l’école et de la technique dodécaphoniques. La pianiste Eva Aroutunian montre un talent égal et exécute sa partie en se jouant de la technique et avec une joie brillante. Les instruments à vent, dans une disposition excellente, fournissent des sonorités lucides et se montrent convaincants lors de nombreuses petites parties en solo, tout en demeurant un ensemble coordonné, qui témoigne de l’origine de l’œuvre.
Patrick Fischer
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