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27.
JAN.
2009,
"Journal de Sainte-Croix", J.P
Bauhoffer
"UNE PRETRESSE DE LA MUSIQUE"
Sainte Croix
Un lieu rendu festif par la célébration de son patron ST François
de Sales, un parterre de fleurs dans le chœur de
l’église catholique de Sainte-Croix servait de décors à un
récital de violon donné par Rachel Kolly d’Alba, dimanche 25
janvier. Un public attentif suivait des yeux la figure élancée
d’une prêtresse de la musique.
« Y a pas plus dur !.. » Cette expression a cours dans le milieu
impitoyable de la compétition musicale. Le répertoire du violon
comprend quelques œuvres réputées pour leur difficulté
technique. Seuls des solistes sont capables de les exécuter. Chaque
concert donne lieu à une démonstration de leur compétence et de
leur art.
Rachel Kolly d’Alba est passionnée par la musique française
du début du 20e siècle, ses cou¬leurs, la subtilité de ses nuances,
elle déplore que les grands compositeurs de cette période aient peu
écrit pour le violon ; de plus, de grands violonistes qui étaient
des compositeurs n’ont pu obtenir l’intérêt du public
pour leur travail ; c’est pour combler cette lacune
qu’elle joue les sonates d’Ysaye.
Sa virtuosité s’accompagne de brillance, de rapidité, de
précision ; elle met en valeur l’intelligence qui structure
une œuvre, au travers d’un parcours qui ouvrira un
espace de li berté. Sur quatre octaves et demi on assistera à des
variations de hauteurs où sont jouées en continu toutes les notes,
des variations d’intensité : d’un « forte » conquérant
à un « piano » à peine audible, ce champ de liberté est bien
visible dans la confrontation entre la partita No 3 de Bach et la
deuxième sonate d’Ysaye où les sons sont tour à tour
éclatants, tendres, et les effets harmoniques toujours
intéressants.
Exposés à une vitesse fulgurante, à des rythmes endiablés et des
contrastes saisissants où le violon est conduit jusqu'à ses
limites, les auditeurs éprouvent des sentiments extrêmes. Ainsi la
sonate d’Ysaye intitulée « Dies irae ». Les sept notes qui,
obsessionnellement résonnent comme la menace du châtiment, sont
prises dans des tourbillons sonores ; et dans une atmos phère plus
sereine mais dans le même envoûtement, la sarabande de la 4e sonate
qui repose sur quatre notes descendantes répétées à chaque
mesure...
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